L'œuvre à la loupe

Camee
L'Agate des grisons Vénus et l’Amour La monture La coupe

L'Agate
des grisons

Giovanni Ambrogio Miseroni, talentueux graveur de pierres dures de la Renaissance italienne à qui l’on attribue le camée, a utilisé une agate des Grisons à la structure vague, nuageuse, sans les couches clairement contrastées traditionnellement utilisées dans la glyptique. Les coloris fauves de la pierre forment des taches irrégulières, au cœur de laquelle se trouve un corps laiteux, presque mauve. Les veines diffuses de l’agate semblent se solidifier dans le corps opalescent de la déesse. Si le sculpteur utilise avec habileté la couche jaune pour représenter la chevelure blonde de Vénus, son œuvre nous rappelle que nous imaginons déjà dans les cernes des agates des formes, avant même que le lapidaire ne commence son travail.

Vénus
et l’Amour

Au cœur du camée, Vénus et l’Amour sont représentés comme endormis l’un contre l’autre. Nue sur une draperie, Vénus enlace son fils au sein de la grande coquille en agate qui les abrite. Cette forme n’est pas anodine : elle rappelle l’origine de la déesse, née de l’écume des flots. Cette scène ne représente cependant pas sa naissance en jaillissant de l’océan, puisqu’elle est ici déjà représentée avec son fils, l’Amour.

La monture

Le camée est encerclé d’une monture en argent doré. Épousant la forme du coquillage en agate, elle est surplombée d’un cygne, que l’on pourrait associer à Jupiter métamorphosé pour séduire Léda. Il s’agit en réalité de jouer sur le thème de la baigneuse épiée, ainsi que sur la métamorphose des dieux en animaux et de la pierre en chair. L’inventaire de Mazarin, à qui appartinrent le camée et sa coupe, mentionne déjà le « bord d’argent vermeil doré » qui orne le couvercle.

La coupe

Historiquement, le camée a été conçu comme le couvercle d’une coupe en agate en forme de coquille ovale. Son pied en argent ciselé et doré représente un dauphin, lui-même posé sur une coquille. Gravé sur son pied, le chiffre 376 permit en 1968, lorsqu’elle réapparut dans une vente publique à Paris, d’identifier la coupe comme appartenant aux Gemmes de la Couronne, ce qui conduisit le Louvre à la préempter. La grande coquille formée par le camée est comme un trompe-l’œil de la véritable coquille que forme la coupe : ainsi, Vénus et l’Amour semblent flotter à l’intérieur, sur des flots invisibles.

Camée de Miseroni

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